Jour 3 – Entre Ardennes et Thiérache

Petite étape aujourdhui : 56 Km annoncés mais 86 à l’arrivée… Je quitte Nismes et le bed and breakfast, La Calestienne. Quelques photos en partant et notamment cette pierre gravée par la soeur du patron : “Mieux vaut le hasard que le rendez vous”. Elle trône fièrement au dessus de la cheminée du restaurant. Je lui ai demandé qui en était l’auteur. Il me dit :”c’est moi !”. Cette phrase aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Hier, j’ai repéré l’itinéraire sur la carte : pas question de me faire avoir par Google Map encore une fois. Au téléphone, Anne m’annonce que j’ai rendez vous avec la pluie. Mauvaise perspective : j’adapte le paquetage en conséquence et je me dis qu’il vaut mieux arriver tôt. En cours de route, je consulte Météo France qui annonce en effet des orages et de fortes pluies. Je pédale pour arriver avant la pluie.

Vidéo jour 3

Une fois la frontière passée , je suis toujours surpris de constater combien le trafic diminue. Je prends des petites routes où je ne rencontre plus aucune voiture alors qu’en Belgique, même sur les petites routes, on voit du monde. Les frontières ne sont que virtuelles mais elles créent toujours des mondes différents. Les Ardennes sont à la marge d’un très grand pays. En Belgique, on est jamais très loin du centre. Je croise un bunker subsistant de la ligne Maginot, dirigé vers la Belgique pour contrer une possible invasion Allemande. A lui seul cet ouvrage aussi militaire que dérisoire puisqu’il s’est avéré inutile, perdu au milieu des champs de blés coupés, est un hommage à la construction européenne. C’est aussi une manifestation de l’asservissement de la planète aux passions et aux peurs humaines. Surprise de rencontrer du nids de cigognes avec cigogneaux. Je traverse les Ardennes françaises et l’extrémité est de la Thiérache, pays aux églises fortifiées. Le pays est fait de plateaux déchirés par des vallées. Une alternance de vues a 360° et de routes encaissées sous la futaie. Je pédale avec la peur de la pluie. Je m’arrête pour pique niquer mais je ne suis plus qu’à 12 km de mon point de chute. Je ne parviens pas à profiter de ce temps de repos, de gros nuages défilent et je m’attends au pire. J’arrive bien trop tôt à Signy l’Abbaye, la réception de l’hôtel est fermée. Il ne me reste plus qu’à trouver un banc pour passer le temps. Je m’apercevrai en déballant mes fontes que j’ai oublié un sac sur le lieu de pique nique. Détour de 24 Km aller retour pour m’apercevoir qu’en réalité, il était bien à l’hôtel. Je n’ai pas vu la pluie de la journée, mais la perspective de ce rendez-vous m’a fait perdre la joie de vivre au hasard… J’ai vécu dans l’urgence sans prendre le temps de goûter la vie. C’est une leçon. Demain, je m’y prendrai mieux.

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